Zone Neutre
Étudiants réalisant un micro-trottoir
Étudiante et étudiant en entretien dans la rue
Micro-trottoir avec des étudiants
Les étudiantes et étudiants de Zone Neutre vont à la rencontre du public.

Septembre 2026

Neutralité suisse

Discussion pluraliste autour de la neutralité suisse dans le contexte de la votation fédérale du 27 septembre 2026.

Le 27 septembre 2026, le peuple et les cantons ont rejeté l’initiative sur la neutralité.

70,2 % non

29,8 % oui

Voix
1’854’767 non · 789’130 oui
Cantons
0 sur 23 favorable
Participation
47,1 %

Résultats définitifs — Office fédéral de la statistique

Le débat

Le débat public autour de cette initiative a débuté. Désirant y participer activement, nous publions sur ce site des contributions de personnalités politiques et diplomatiques, de chercheurs et chercheuses, de professeurs et d’étudiants de toutes obédiences politiques.

D’autres contributions suivront prochainement.

Le texte proposé

Nouvel art. 54a Cst.

  1. La Suisse est neutre. Sa neutralité est perpétuelle et armée.
  2. La Suisse n’adhère à aucune alliance militaire ou défensive. Est réservée la coopération avec une telle alliance en cas d’attaque militaire directe contre la Suisse ou en cas d’actes préparatoires à une telle attaque.
  3. La Suisse ne participe pas aux conflits militaires entre États tiers et elle ne prend pas non plus de mesures coercitives non militaires contre un État belligérant. Sont réservées ses obligations envers l’ONU et les mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives non militaires prises par d’autres États.
  4. La Suisse fait usage de sa neutralité perpétuelle pour prévenir et résoudre les conflits, et elle met à disposition ses services en qualité de médiatrice.

La « neutralité », c’est quoi ?

Repères

  • 11 avril 2024Dépôt de l’initiative
  • 129 806Signatures valables
  • 128 – 60Rejet au National, mars 2026
  • 27 sept. 2026Votation fédérale

L’initiative sur la neutralité (« Sauvegarder la neutralité suisse ») a été déposée le 11 avril 2024 avec 129 806 signatures valables.

Le Conseil fédéral en recommande le rejet sans contre-projet (message du 27 novembre 2024). Le Conseil national l’a rejetée par 128 voix contre 60 en mars 2026 et a refusé un contre-projet direct, contrairement au Conseil des États.

La Suisse vue de l’étranger

La reprise des sanctions contre la Russie, en 2022, a-t-elle abîmé l’image internationale de la Suisse ? L’argument circule dans les deux camps. Présence Suisse, l’unité du DFAE chargée de la communication internationale, mesure cette image chaque année dans vingt pays. Ses rapports sont publics. Voici ce qu’ils disent.

Repères

  • 5erang mondial en 2025, sur 50 États évalués
  • 20 paysoù l’image est mesurée, ~2 000 sondés par pays
  • juin–août 2023l’enquête d’après-sanctions, 17 mois après l’invasion
  • 2021 · 2023 · 2025les trois éditions comparables

Au niveau mondial, rien ne bouge. Entre l’enquête d’avant-guerre et celle menée dix-sept mois après l’invasion et après la reprise intégrale des sanctions, le classement général de la Suisse est identique, et sa gouvernance progresse même d’un rang.

Rang mondial de la Suisse
Indicateur202120232025
Classement général775
Gouvernance212
Politique de paix et de sécurité112

Cette stabilité est trompeuse : la moyenne des vingt pays additionne des mouvements de sens contraire. Là où la Suisse gagne en crédibilité auprès des États qui ont sanctionné la Russie — France, Royaume-Uni, Suède, Italie —, elle en perd auprès de trois puissances qui ne l’ont pas fait, ou qui s’en sont éloignées depuis.

Le résultat qui compte

Rang de la Suisse sur la politique de paix et de sécurité
Pays202120232025
Russie1106
Inde366
États-Unis439
Moyenne des 20 pays112

En Russie, la Suisse passe du premier au dixième rang en une seule édition. Présence Suisse écrit que « la position de la Suisse dans la guerre d’Ukraine — par exemple la reprise des sanctions de l’UE — a possiblement pesé sur l’évaluation ». Le recul s’est depuis partiellement refermé, mais la Suisse reste au 6e rang : Moscou réapprécie le pays dans son ensemble — 3e au classement général en 2025 — mais plus comme acteur de paix.

En Inde, le recul est du même ordre et il ne s’est pas refermé. Aux États-Unis, le calendrier diffère : la Suisse y progresse jusqu’en 2023, puis décroche brutalement — cinq rangs perdus entre 2023 et 2025. Le rapport le constate sans l’expliquer.

Ces trois pays sont ceux devant lesquels une capacité de médiation vaut le plus. C’est là que se joue le résultat, et il est invisible dans le rang mondial.

Ailleurs, aucune pénalité. Entre 2021 et 2023, sur ce même indicateur, le Brésil fait passer la Suisse du 2e au 1er rang, l’Afrique du Sud du 4e au 2e, le Mexique et l’Argentine du 3e au 2e ; la Chine et la Corée du Sud ne bougent pas. Il n’y a pas de désaveu général.

Un dernier constat, que le DFAE tire lui-même. La couverture médiatique internationale de la Suisse en 2022 fut abondante et souvent critique sur la neutralité. Son rapport 2023 note pourtant que cela n’a eu « qu’un impact marginal sur le grand public à l’étranger ». Une année de presse défavorable ne s’est pas transmise à l’opinion — ce qui vaut dans les deux sens pour la campagne en cours.

Sources et méthode

Tous les chiffres de cette page proviennent des rapports publics de Présence Suisse (Secrétariat général du DFAE), qui exploitent les données du Nation Brands Index. Ils sont librement consultables :

Deux réserves. Le Nation Brands Index interroge la population générale de vingt pays, non les chancelleries, les rédactions ou les milieux d’affaires : la crédibilité diplomatique proprement dite n’y apparaîtrait pas, ou avec des années de retard. Et le périmètre a changé en 2025 — 50 pays évalués au lieu de 60 — de sorte que les rangs 2025 ne se comparent pas strictement aux précédents, alors que 2021 et 2023 se comparent entre eux.

Télécharger la synthèse complète (PDF, 2 pages).